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 Mort & Souffrance

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Miyuki-chan
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MessageSujet: Mort & Souffrance   Sam 14 Aoû - 21:12

Texte pour un concours =) Et codage by Aki. ♥

Mort et Souffrance …
        Je me décidai donc à me battre, à affronter le futur et tout ce qui en suivait … Car mourir n’est pas bien dur … tandis que vivre est un combat de tous les jours.
        Surtout sans lui, il était et sera à jamais ma raison de vivre. Je ne pourrai plus aimer avec une telle ardeur et le mot amour n’aura plus jamais le même sens … Mais c’est en sa mémoire que je vais me battre.



        Ma vie était si banale avant … mais depuis un an, tout avait changé ! Cela faisait une année entière, jour pour jour, que je l’avais rencontré. Il illuminait mes journées, il arborait ce sourire merveilleux qui me faisait quitter la terre et ses désastres pendant un instant … Il s’appelait Jake ; grand, les cheveux & les yeux bruns, une silhouette élancée et une peau légèrement matte. Il avait quelques années de plus que moi et malgré le fait qu’il travaillait, il m’attendait à la sortie du lycée dès qu’il le pouvait ! Aujourd’hui, pour nos un an, il avait d’ailleurs pris sa journée pour venir me voir, et de mon côté, je n’avais pas eut trop de remord à sécher, une fois de plus, les cours. Même s’il ne le savait pas étant donné que je le lui cachais, depuis qu’on se connaissait, je m’étais déjà offert mainte fois ce privilège …
        Nous avions donc passé une agréable journée, telle deux amoureux seuls au monde, profitant des petits plaisirs de la vie. Je l’aimais, il était tout pour moi, et quoi que pouvait en penser telle ou telle personne, j’étais décidée à croire que cela durerait toute notre vie ! J’étais si bien à ses côtés, je me sentais libre, libre de voler au dessus des nuages, d’être moi-même et de m’évader au pays de notre amour. Je me sentais unique à ses yeux, je n’étais pas l’une de ses proies ou une conquête parmi les autres, je me sentais vraiment spéciale ! Et il n’y a pas à dire, c’est un sentiment magnifique et en lequel je croyais pleinement. Il avait fait naître en moi les plus beaux sentiments que l’Homme pouvait ressentir ; l’amour tout premièrement, le bonheur, la joie, … Cet homme, Jake, était le bon. C’était celui qui en levant le petit doigt pouvait me faire tomber à la renverse, c’est lui qui quand je ne vais pas bien n’a qu’à m’enlacer pour que je me sente mieux … Il ne fallait pas grand-chose pour que le monde autour de moi ne se transforme en un beau pays imaginaire et parfait.

        Cette journée débuta donc en beauté ; le parc, la piscine, la buvette, le manège ou encore la grande roue étaient tous des endroits ayant abrité notre amour. Je me disais que Juliette et Roméo avaient un amour monotone et sans avenir, tandis que moi, quand j’étais dans ses bras, tout contre lui, je me sentais capable d'aimer bien plus que Juliette n'avait pu le faire ! Je voulais vivre cet amour pleinement sans ne jamais penser à l'avenir mais à l’instant présent. Dans ce monde qui est nôtre, je prie pour ne pas vivre la tragédie qu'ont vécus Tristan et Yseut …
    Une belle journée disais-je ?

                              // Pourtant c’est ce jour là, qu’à à peine 16 ans, ma vie prit fin … //

    Le soir même, alors que le soleil se couchait et que la lune venait nous bercer de sa douce lueur enflammant le ciel où les étoiles dansaient … Tout était parfait.
        Après un dîner aux chandelles dans son appartement, nous décidâmes de regarder un film ; j’étais blottie dans ses bras. Quelques caresses, quelques baisers échangés et l’une des plus belles soirées de ma vie allait s’achever … J’aurais voulu rester jusqu’au petit matin dans ses bras et assister avec lui au lever du soleil, mais mon cher paternel avait exigé que je sois rentrée pour minuit … (Et encore, j’ai réussi à le convaincre de ne pas venir me chercher lui-même !) Prétextant que je ne devais pas aller dormir trop tard pour savoir me lever le lendemain matin … Mais je savais bien qu’en fait il avait peur d’une toute autre chose …
        Mais il n’avait pas à s’en faire, Jake et moi nous en avions déjà parlé et il attendait que je sois prête pour ça. Il était très sensible et attentionné< :i>, son cœur passait avant son corps, mes besoins avant les siens, notre amour avant la raison. Le film prit fin et nous commençâmes à discuter … Mais cela ne dura pas longtemps car nous nous levâmes et nous approchâmes de sa chambre. Quelque chose différait par rapport à d’habitude … Nous avions l’habitude d’y aller, de se poser et de parler l’un contre l’autre, couchés dans son lit. Mais peut-être que ce soir nos intentions étaient différentes ? Je me sentais prête … Depuis la dernière fois où j’y avais pensé, je me sentais grandie, autant je savais que mes sentiments avaient augmentés aujourd’hui encore, autant j’étais calme et apaisée dans ma tête. Tout concordait, je l’aimais, il m’aimait et nous étions heureux ensemble.

        Nous passâmes la porte et j’entrai dans un nouvel univers … Sa chambre était décorée un peu différemment de d’habitude … Des bougies jonchaient les meubles, appuis de fenêtre, tables de nuits, etc. Quelques roses par-ci, par-là et une musique de fond assez romantique complétait l’atmosphère. C’était très agréable ! Sans oublier la faible luminosité libérée par sa lampe de chevet qui me laissais admirer le décor sans pour autant m’éblouir ou enlever du charme à cette soirée …
        Nous nous assîmes sur son lit, l’un à côté de l’autre, ma main droite dans la sienne et ma main gauche rejoignant sa joue quelques secondes à peine avant que ses lèvres ne viennent effleurer les miennes. On s’embrassa encore et encore, une délicieuse fougue s’échappait de nos doux baisers, et pour ne pas gâcher cet instant, j’hésitais même à respirer ! Mais il le fallait bien pourtant … C’est alors que je sentis son bras autour de ma taille et je me laissai glisser tout doucement jusqu’à ce que mon dos touche la couverture qui était étendue sur le lit. Je commençai à balader mes mains sur son corps et je déboutonnai doucement sa chemise. Je m’arrêtai quelques secondes de l’embrasser pour observer son torse mais ce ne fut que de courte durée car il s’abaissa pour m’embrasser dans le cou. Il m’enleva mon t-shirt et quelques minutes plus tard nous étions dans notre plus simple apparat, notre tenue d’Ève, sous la couette. Nos vêtements éparpillés sur le sol ses lunettes -que je lui avais préalablement enlevées- reposant sur la table de nuit et nos cœurs s’abandonnant l’un à l’autre … Le désir planait dans toute la pièce, nos corps s’emmêlaient, nos envies fusionnaient. Je sentais son souffle sur mon visage puis dans mon cou, ses jambes contre les miennes et ses doigts caressant plusieurs parties de mon corps.
        À ses côtés je me sentais vivre, je me sentais bien. J’étais prête à m’abandonner à lui, en cette merveilleuse nuit.
        Ses gestes restaient doux tout au long de nos ébats, sa respiration s’accélérait, mon cœur battait de plus en plus vite. Mon corps se soulevait, ses baisers étaient toujours aussi agréables, mais au fur et à mesure une autre délicieuse sensation envahissait tout mon corps ! Sans me vanter, je pouvais deviner à ses expressions qu’il appréciait lui aussi cet instant.
        Je sentais son corps sur le mien, pas son poids car je le comparerais plus à une plume chatouillant tout mon être, mais sa chaleur oui … Ses mains contournaient mon corps. Il embrassait mes joues, mon cou, mes épaules, ma poitrine, mes mains et ensuite nos lèvres se frôlèrent et nous débutâmes un long et langoureux baiser. Mais au même moment mon corps se souleva et ses lèvres m’empêchèrent de lâcher un énième soupir sorti du plus profond de mon être ! Il était là, prenant soin de moi, veillant à ce que je sois bien, il était si adorable.

        Une heure plus tard, nous étions encore sous la couette mais j’étais dans ses bras, contre lui … Nos formes s’épousaient parfaitement. Il caressait ma joue du bout de ses doigts alors que moi je m’amusais à poser mes mains sur son ventre, ses pectoraux, ses larges épaules … Je me blottissais entre ses bras et puis je le regardai … me plongeant dans ses beaux yeux bruns … Ils étaient si magnifiques, j’aimais les admirer, surtout lorsqu’il ne portait pas ses lunettes …
        Il me chuchota un « Je t’aime » avant de me faire un baiser sur le front. Je souris aux anges et il lut sur mes lèvres un « Moi aussi » … Puis quelques minutes plus tard, il me serra fort contre lui avant de me dire tristement : « Déjà onze heure quarante ma chérie … » et sachant que j’habitais à dix minutes de chez lui, il était effectivement temps qu’on se rhabille et qu’on se mette en route …
Malheureusement …

        On sortit tous deux du lit et je me rhabillai au plus vite pour retourner dans ses bras qui me manquaient déjà énormément … Jake m’était si … indispensable ! Je le remerciai pour cette journée extraordinaire et pour cette belle soirée qui sera à jamais dans mon cœur … Nous nous dirigeâmes donc vers la porte d’entrée, j’enfilai mes haut-talons (que j’avais spécialement acheté pour lui, car même si la vendeuse m’avait assuré que ma taille s’affinait en les portant, ce qui m’importait le plus, c’était d’être plus grande et de me rapprocher du mètre quatre-vingt de mon homme … que je n’atteignais d’ailleurs pas du tout !) Nous passâmes le pas de la porte où il déposa un léger baiser sur mon front avant de prendre ma main … A mes yeux il était le seul qui comptait vraiment, j’avais des amis, une famille, mais l’amour que j’éprouvais pour mon homme valait tout l’or du monde et toute les richesses de la vie ! Il était mien, j’étais sienne, nous étions deux êtres liés l’un à l’autre par le fil rouge.

                                Le fil rouge est une théorie disant que deux êtres sont liés l’un à l’autre
                                bien avant de se rencontrer tellement leur amour est fort.


        Après un pâté de maison, il suffit d’un regard pour que Jake mette sa veste sur mes épaules frigorifiées, il était si prévenant ! Nous continuâmes d’avancer main dans la main dans la pénombre de la nuit … La lune éclairait ce ciel étoilé magnifique ! Nous décidâmes de prendre un raccourci en passant par le parc, du moins c’est ce que je croyais car en chemin nous nous arrêtâmes et il lâcha ma main, sortit de sa poche un petit paquet que j’ouvris avec hâte … pour y découvrir le plus beau pendentif que je n’ai jamais vu ! Une chaîne en argent avec au bout un petit cœur sculpté dans du cristal. Il me l’attacha et nous repartîmes encore plus heureux qu’au début !
        Nous marchions de moins en moins vite pour ne pas devoir se quitter … Jake insista pour me raccompagner jusqu’à devant ma porte, mais à une rue de chez moi, la soirée tourna au cauchemar … Car quand nous traversâmes la rue, il cria mon prénom et avant même que je ne puisse me retourner vers lui, je sentis deux mains me pousser en avant, si fort que mon corps s’étala sur le trottoir … J’eus mal mais ce n’était pas très grave, ce qui m’effrayais surtout, c’était la nature de ce geste … Et le ton sur lequel Jake avait prononcé mon nom … Que se passait-il ?
        Une voiture freina violement puis un bruit sourd se fit entendre, comme un énorme choc … Je me relevai en même temps que cette mystérieuse voiture ré accéléra à toute vitesse et fila … Je me retournai et restai muette … je sentis tous mes membres trembler et puis s’engourdir … je ne les maitrisais plus … Mon souffle devenait saccadé, mon cœur se serra comme si mille couteaux me transperçaient la poitrine. Je suffoquais …
        Après pas plus de quelque secondes, qui me parurent si longues, j’accourus vers lui, lui, cet homme que je chérissais de tout mon cœur et qui représentait tant pour moi. Mais là, cet homme, mon homme, gisait sur le sol, devant mes yeux, et pas un son ne sortait de ma bouche … Il y avait juste mes larmes qui coulaient. Je n’en pouvais plus, pourquoi avait-il prit ma place ? Alors que ma vie était bien plus insignifiante que la mienne. Je voulais que nos rôles soient échangés … J’essayai de le relever et même si je n’arrivais pas à prononcer son nom, je caressai sa joue, le secouai un peu et puis beaucoup … Mais après quelques minutes à avoir voulu le réanimer … je posai ma main sur son torse, sur son cœur … il ne battait plus … Je pris alors conscience que je ne pouvais plus rien y faire. Personne ne pourrait rien faire … C’était fini …
        Je sentis le sol sous moi s’écrouler, j’entendis un sifflement dans mes oreilles, et puis je ne sentis plus rien … J’étais pétrifiée à cette idée. Je souffrais, je souffrais tellement de le voir ainsi ! Je suffoquais à l’idée de le perdre, à l’idée d’être seule. Non, non ! Je ne pouvais pas y croire … Ne me faites pas ça …
        Je le serrai dans mes bras, mes larmes coulaient toujours à flot, j’étais allongée sur lui, je sentais son corps se refroidir … Mes membres étaient lourds, très lourd. Ma gorge nouée m’empêchait encore de dire un mot. Que cela s’arrête, je souffre le martyre et le seul qui puisse apaiser ma peine ne le peut plus. Et lui souffrait-il ? Ressentait-il ma présence ? Savait-il que j’étais toujours à ses côtés ? … S’inquiétait-il de me voir ainsi ? … Je l’aimais tant, ne lui faites pas de mal ! Prenez ma vie, prenez ma vie mais pas la sienne ; elle est si précieuse ! Ma tête se vidait seconde après seconde et une demi-heure plus tard je me relevai. Mes joues se noyant sous mes larmes, mes vêtements imbibés de sang. Le sang de mon amour … qui était à mes pieds … mon amour … mort …
        Horrifiée, je reculai et m’éloignai de ce corps inerte.

        Déambulant dans les rues, la tête vide, sans but précis, j'étais une épave dérivant au gré du courant. Plus rien n'avait d'importance, il n'était plus, celui que j'ai aimé, chéri et admiré n'était plus là. Les mouvements de mon corps semblaient être devenus indépendants, il agissait sans mon consentement, comme si pour me protéger, me mettre l’abri, il m'obligeait à fuir … Laissant derrière moi cet homme, cet homme qui m'a tant fait rêvé, au beau milieu d’une route déserte …
        J’étais là au milieu de nul part, je tremblais encore et n’arrivais pas à me persuader que Jake était … mort …
        Pourtant je devais me faire une raison ; il n’était plus là et il ne reviendrait pas. Tout ce qui me restait de lui était dans ma tête, nos souvenirs heureux et notre passion n’étaient plus qu’éphémère dans cette réalité si vaste et si changeante …
        Je compris donc que plus jamais je n’aurais de chez moi, car ce n’est pas seulement dans cette ville que je n’étais plus à l’aise, mais sur cette terre tout entière. Cette terre où mon existence avait perdu tous ses repères, avait perdu tout son sens il y a à peine une heure …
        Car je ne voulais plus vivre dans cette réalité où il n’était plus, dans ce monde où le mot amour résonnait avec tristesse dans ma tête. Je ne voulais plus de cette vie sans avenir … Je ne voulais plus vivre.
        J’avançai … encore imprégnée de cette image, de ce cauchemar même … Mes mains étaient encore totalement recouvertes de sang, il coulait et j’entendais ce « plic-ploc » qui retentissait dès qu’une goutte touchait le sol … Je n’entendais plus que ça, la terreur me submergeait, que faire à présent ? Mon corps était si lourd …
        J’arrivai au parc, je ne sais comment, mais à partir de là, tout devenu clair dans ma tête ; la sortie sud, la rue à droite, puis la deuxième à gauche, la première à droite et j’étais arrivée à bon port … J’étais là, sur le pont de la ville ; à regarder vers le bas, fixant l’eau qui se trouvait à au moins 4 mètres de moi … Je vis mon visage, un visage reflétant désespoir, peine et horreur. Je fixai cette image pendant de longues minutes ; je ne savais plus quoi en penser. J’eus tout à coup encore une fois les idées bien plus claires … si la vie ne me disait plus rien, alors je n’avais plus qu’à aller vers la mort … Voguer sur la barque avec un ange de la mort et qui sait ? J’embarquerai peut-être avec Jake ? Cela illumina mon regard.
        Que choisir à présent ? Sauter pour oublier tout mes soucis et cette fin de soirée cauchemardesque ? Reculer et attendre au beau milieu de la route qu’une voiture m’enlève à moi aussi la vie ? Je ne savais que faire … Je n’arrivais pas à me décider d’attendre la mort … Je ne pouvais plus attendre !
        Son corps gisant, mes vêtements ensanglantés, ma peau pleine de cette ‘peinture’ rouge … J’eux comme des flashs, une série de visions plus horribles les unes que les autres … mais vraies … Forcée de m’accroupir si je ne voulais pas tomber, je pris ma tête entre mes mains pour que ça s’arrête, j’eus envie de crier, de me déchaîner et d’exprimer toute ma tristesse, toute ma colère …
Je n’en pouvais plus … Mon cœur à jamais meurtri voulait en finir avec tout ça, mais comment faire ? Arrêter le temps m’était impossible, revenir en arrière l’était tout autant … Alors mettre fin à ma vie était sans doute la seule solution valable.
        Je suffoquais, je n’arrivais plus à respirer, réfléchir m’était si douloureux et vivre m’étais simplement impossible …
        Je vis à côté de moi une vieille bouteille de bière vide. Sans plus réfléchir, je me rapprochai à quatre pattes d’elle, la pris et la fracassa contre le muret. Et je m’enquis sans attendre du plus gros morceau de verre …
        Je frottai le sang –de Jake– qui se trouvait sur mon poignet gauche et tendit ma main droite, avec le bout de verre que je tenais, au dessus de ce dit poignet.
        Je doutai tout de même un instant et réfléchis … Je vis mes parents, je ne pouvais quand même pas leur faire ça … mais je ne pourrais plus non plus les regarder de la même manière, je les décevrais … Mes amis eux aussi me vinrent à l’esprit, mais après tout ils pouvaient bien tous se passer de moi et continuer leur route sans trop de regrets à mon égard. J’étais loin de leur être indispensable et ils m’oublieraient tous très vite … Mes professeurs ne me regretteraient pas non plus car même si j’avais, relativement, des bons points … mes absences répétées ne leur plaisaient guère.
        A qui allais-je manquer ? Personne ! Avec qui voulais-je être ? Jake, mon amour ! Mes idées étaient bien noires … Mais comment réagir autrement après ce qu’il venait de se passer ? Je n’avais plus peur de rien, pas même de mourir …
        J’entaillai donc timidement une première fois ma peau … rien … Mon cœur me fit si mal, comme s’il allait exploser ! C’est alors que j’appuyai plus fort la seconde fois et vis apparaître une goutte de sang … Le verre traversa une fois de plus ma peau … Encore … et encore …
        Au fur et à mesure de mes passages, je repensai à Jake, à cette soirée, à cette fin tragique … Je pensai à mon futur sans lui, à mes journées sans ses messages, sans ses appels, sans entendre sa voix virile, ni voir son sourire éblouissant … IMPOSSIBLE ! C’était tout bonnement impossible pour moi ! La vie de valait plus la peine d’être vécue, c’est ce que je me répétais sans cesse.
        J’appuyai de plus en plus fort … mon sang coulait de plus en plus vite, à force je ne pouvais même plus voir où est-ce que je coupais … Il y avait bien trop de sang ! Mais au plus ça allait, au plus je savais que j’allais le rejoindre … Et puis cela ne me faisait plus mal … Car quand on touche le fond et que l’âme & le cœur sont bien trop affectés, alors la souffrance physique n’est plus rien ! Je continuai, mon regard reflétait surement une folie amère, je n’en avais aucun doute …
        Petit à petit mes gestes devinrent moins précis, plus lents et ma vision se troubla de plus en plus. Autour de moi tout devenait plus sombre, plus terne, plus flou. Soudain je m’écroulai sur le sol … il était si froid mais je n’avais plus la force de me relever … ni même celle de garder les yeux ouverts. Le bout de verre étant encore dans ma main, je le serrai de toutes mes forces pour avoir une dernière sensation -même si assez désagréable- pour me sentir vivante une dernière fois. Mais d’ailleurs, le mot « vivante » n’était peut-être pas adéquat …

        Dans cette ville peu connue, aux aguets assez banals et où les crimes et le vice étaient rare, deux corps inertes reposaient sur son sol … Ce sol où tant de passagers et/ou voitures allaient passer le lendemain. Deux amoureux, séparés trop tôt. Que deviendrons-nous ? La police fera-t-elle un lien entre nous ? Je me demandai d’ailleurs ce que les gens feront en me voyant … je me demandai aussi si la voiture ayant percuté l’homme de la vie allait être retrouvée et si le conducteur avait de la peine …
        Ma tête était pleine de doutes et de questions ! Avant de m’endormir dans un long et dernier sommeil, je repensai une dernière fois à Jake … souriant … Il avait une joie de vivre qui dépassait l’entendement, il avait plusieurs buts dans la vie, il avait un futur à construire, il avait des rêves à nourrir. Je pensai surtout à lui, car moi, mon seul rêve était d’être à ses côtés, c’était de partager ma vie avec lui. Le dernier son que j’entendis fut les paroles de mon chéri … dites quelques heures auparavant ; « Je t’aime ». L’obscurité tout entière me submergea, m’englobant dans un silence total où je n’étais plus maître de rien … Le néant.

        Une grande lumière blanche m’éblouit tout à coup … Que se passait-il ? Où étais-je ? Qu’allais-je devenir ? Encore tant de questions qui m’assainirent une fois de plus ! Je ressentis des picotements dans mes pieds et mes mains … Mon poignet gauche me faisait si mal … Je le sentais compressé et une douleur atroce s’en faisait ressentir !
        J’ouvris les yeux et vis une silhouette penchée au dessus de moi ... Jake ?! Était-ce lui ? J’eus une lueur d’espoir, mon cœur qui m’avait donné tant de fil à retordre était comme soulagé ! J’ouvris la bouche … puis la refermai sans qu’un mot ne s’en dégage … Je commençai à douter, me rappelant de tout ce qui c’était passé préalablement. Je voulais en avoir le cœur net ! Je réessayai donc et réussis à murmurer un faible « J…a…ke ? ». J’attendis mais aucune réponse ne m’eut été donnée … Je refermai les yeux, les rouvris et lâchai malgré moi un grognement. Ce qui m’entourait prenait forme petit à petit, les couleurs commençaient à se différencier et le monde à bouger. J’entendis tout à coup un chuchotement, il m’était sans doute adressé, mais je n’avais pas réussi à comprendre quoi que ce soit …
        Mais cela m’importait peu … Qui était-ce ? Sa main chaude effleura mon front … lui ? Cette sensation m’apaisa un moment mais je pris sur moi, la douleur n’était plus importante, et je réessayai de parler : « Ja…ke ? ». C’est alors qu’une nouvelle fois une réponse me parvenu, du moins c’est ce que je visais à croire. Mais rien y faisait, c’était encore pour moi incompréhensible !
        Après plusieurs minutes … je pus enfin discerner bien plus de choses, de détails ! J’étais dans une chambre aux tons très clairs, la fenêtre se trouvait sur ma gauche et une drôle d’atmosphère se dégageait d’ici … Je vis alors qu’il était toujours là … Mais enfin, qui est-ce ? Que me voulait-il ? … Que venait-il de me dire ? Avais-je bien entendu ? Il avait prononcé le mot ‘‘Jake’’ ? Je me sentis excitée, je ne pouvais plus arrêter de me faire des films, j’avais inévitablement une part de joie qui se mêlait à mes doutes et à ma tristesse. Je me relevai brusquement et sentis directement deux mains appuyer sur mes épaules pour me forcer à rester couchée. En face ce n’était point mon amour, à présent je le voyais distinctement, c’était James, son meilleur ami, mon confident … Il me fixait avec un regard remplit de tristesse, ce qui en disait bien long sur la situation !
        Pourtant je ne pus m’empêcher de répéter encore et encore le prénom de l’homme dont je m’étais éprise ! Les larmes me montaient aux yeux au fur et à mesure que je prononçais son nom … Le regard perdu et déconcerté de James ne faisait qu’accentuer ma peine … « Jake ! … Ja…ke » continuais-je de scander alors que ma vue devenait déjà floue … Je retentai de me relever et c’est alors que James me prit dans ses bras en étouffant un « désolé » qui ne fit qu’accentuer ma peine. Je parlai de plus en plus fort jusqu’à en crier. Je devenais folle, cette situation était intenable, je ne pouvais plus me battre ! Comment le pourrais-je si je suis seule ? Je poursuivis donc mon monologue : « RENDEZ-LE MOI ! NON ! JAKE ! », m’époumonais-je. James me serra plus fort et dit : « Il … n’est plus … » et ne voulant pas entendre la suite, je le coupai en hurlant un « NON » qui résonna dans tout la pièce … Je savais ce qu’il allait dire, mais il m’était impossible de l’entendre, j’en mourrais moi aussi ! Nous n’étions d’ailleurs sans doute pas seuls car je me sentais comme épiée … Des regards tristes, d’autres inquiets se posaient sur moi. Je suscitais énormément de pitié et malgré que cela m’aurait fortement dérangé en temps normal, ici, dans cette situation, à ce moment précis, cela m’importait peu !
        Pourquoi devais-je encore subir tout ceci ? Pourquoi fallait-il que je continue à souffrir sur cette terre ? Pourquoi ? Pourquoi n’avais-je pas pu le suivre ? Pourquoi ne l’avais-je pas retrouvé ? … Je voulais être à ses côtés, je voulais le rendre heureux, pourquoi ne le pouvais-je pas ?
        Assainie par toutes ces questions, je pleurai de plus belle tout en m’attachant au t-shirt de James qui était là pour moi, qui faisait le dur pour que je puisse me lâcher, m’exprimer et que je sache que je n’étais pas seule ; il était encore là ! C’était si généreux de sa part, je le reconnaissais bien là. Je voulus appeler Jake, en espérant bêtement qu’il me réponde et me dise que tout va bien, pour que je me réveille et qu’il soit là en me disant que ce n’était qu’un mauvais rêve … Je voulais tant le voir ! Cette envie dépassait l’entendement, elle était plus forte que tout le reste. Même plus forte que l’admiration que j’avais envers James qui restait de marbre pour moi. Mais je pensai alors à ‘lui’, lui qui m’enlaçait à ce moment précis, lui qui me soutenait du mieux qu’il pouvait. Après tout, lui aussi devait souffrir le martyre ! Il venait de perdre son meilleur ami et il avait vu son amie vouloir quitter cette terre, le quitter lui aussi … Je me retins donc et ne dis plus rien … Je restai là, à pleurer dans ses bras tout en sachant qu’il devait lui aussi sans doute verser une ou deux larmes dans mon dos. Il faisait son possible pour moi, alors mon seul geste fut de continuer d’appeler mon amour, mais pas à haute voix … Je savais que je n’avais pas besoin de ça pour qu’il m’entende ! Après tout, nous étions toujours liés par ce fil rouge, qui d’après moi, était plus fort que la mort.
Jake … je te rejoindrai, mais pas aujourd’hui. Je sais que tu ne le voudrais pas et qu’en ce moment même tu m’en veux d’avoir fais cela ! Pardonne-moi … Je ne te décevrai plus !
        Je m’accrochai encore plus fort et dis ma dernière parole : « Merci James … »

                                                              En la mémoire de celui qui restera à jamais premier dans mon coeur …

- By Miyu -

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